32e Commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi à Paris
L’Ambassade de la République du Rwanda en France a organisé, ce mardi 7 avril 2026 à Paris, la 32e Commémoration du Génocide perpétré contre les Tutsi.
À cette occasion, le corps diplomatique, les représentants d’organisations internationales et les amis du Rwanda se sont joints à la communauté rwandaise pour commémorer, dans le recueillement et la dignité, la mémoire des victimes.
La cérémonie s’est ouverte par une minute de silence, suivie d’une cérémonie d’allumage des bougies, moments de recueillement en hommage aux victimes, mais aussi porteurs d’un message d’espoir et de résilience.
Elle a ensuite été marquée par le témoignage de M. Olivier Nsoro, rescapé du génocide. Son récit, empreint de courage et d’humanité, a rappelé la violence des événements de 1994, mais aussi la résilience exceptionnelle des survivants. Comme l’a souligné l’Ambassadeur, ces derniers, malgré les pertes irréparables, « sont aujourd’hui porteurs de la mémoire, porteurs de la dignité, porteurs d’un avenir pour notre nation ».
Dans son allocution, S.E. M. François Nkulikiyimfura, Ambassadeur de la République du Rwanda en France, a salué la présence des participants, soulignant que « votre participation à cette commémoration témoigne de votre engagement et de votre solidarité envers le Rwanda et le devoir de mémoire », ajoutant que cette commémoration « ne concerne pas un seul pays, mais interpelle la conscience de chacun et celle du monde entier ».
Prenant la parole au nom d’Ibuka France, son Président, M. Marcel Kabanda, a insisté sur l’importance du travail de mémoire, rappelant que « dans notre histoire, le travail de mémoire n’est pas un devoir. Il est une priorité », indispensable pour honorer les victimes, soutenir les rescapés et transmettre l’histoire aux générations futures.
Mme Åsa Regnér, Directrice générale adjointe de l’UNESCO, a pour sa part souligné qu’« un génocide n’est jamais accidentel » et que la haine se construit dans le temps, notamment à travers les mots et les discours. Elle a rappelé le rôle central de l’éducation pour transmettre l’histoire avec rigueur, écouter les survivants et lutter contre le déni et les distorsions.
Représentant le Gouvernement français, Mme Emmanuelle Blatmann, Directrice Afrique et Océan Indien au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a rappelé que « se souvenir, ce n’est pas seulement regarder le passé », mais refuser l’oubli et toute imprécision face à l’histoire. Elle a également réaffirmé l’engagement de la France en matière de justice, en adressant un message clair aux génocidaires présumés ayant trouvé refuge en France : la justice sera rendue, sans esprit de vengeance, mais avec toute la force de la loi.
En concluant son allocution, l’Ambassadeur a rappelé que le génocide contre les Tutsi n’a pas été un événement soudain, mais l’aboutissement d’un processus de déshumanisation et de haine, préparé méthodiquement pendant des décennies. Il a également mis en garde contre la persistance de discours haineux, notamment à l’Est de la République démocratique du Congo, où des populations tutsi continuent d’être ciblées, stigmatisées et victimes de violences, appelant ainsi à une vigilance collective et à un engagement renouvelé contre toutes les formes d’idéologie génocidaire.
Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre des 100 jours de commémoration, période durant laquelle le Rwanda et la communauté internationale se recueillent en mémoire des victimes, tout en renouvelant leur engagement en faveur de la vérité, de la justice et de la transmission.
- Retour en images sur la cérémonie
- Témoignage d'Olivier Nsoro, réscapé du Génocide contre les Tutsi
- Discours de S.E. François Nkulikiyimfura, Ambassadeur du Rwanda en France